Ne jugez pas un livre par sa couverture : pourquoi votre douleur lombaire a peu à voir avec votre bas de dos

Voici quelques points clés :

  • Les douleurs au bas du dos (région lombaire) sont une des causes majeures de limitation des activités et de blessures au travail.
  • Certaines douleurs au bas du dos peuvent être attribuées à un diagnostic médical (radiothérapie, hernie discale, spondylolisthésis, fracture vertébrale, ostéoporose, etc.). Par contre, environ 85-90% des patients se présentant en clinique ont des symptômes non-spécifiques de douleurs lombaires.
  • Lorsque la douleur est anticipée, les gens rapportent souvent une aggravation de celle-ci, alors que les activités qui sont perçues comme pouvant soulager la douleur peuvent être efficaces pour produire un effet analgésique placébo.

 

Quatre adultes sur 5 auront au minimum une épisode de douleur lombaire au cours de leur vie. En tant qu’athlètes, nous plaçons encore plus de stress sur notre région lombaire que la moyenne des gens sédentaires. Néanmoins, plusieurs clients avec qui j’ai travaillé se sont présentés avec des douleurs non spécifiques au bas du dos, sans historique de blessures ou de pathologies diagnostiquées.

J’aimerais prendre un moment pour discuter de l’importance de référer vos clients, et encore plus de comprendre le moment où il devient nécessaire de le faire. Même si la plupart des cas de douleur lombaire sont non spécifiques, vous devez savoir identifier les signes de pathologie.

Les plus évidentes seraient : douleur qui cause de l’irradiation jusqu’au extrémités des membres inférieurs, douleur atypique (survient pendant la nuit et ne diminue pas), faiblesse et engourdissements aux membres inférieurs, etc.  Une douleur qui persiste depuis plus de 6 semaines ou de la douleur chez un client de moins de 18 ans ou plus de 55 ans nécessite une analyse plus approfondie si votre client n’a toujours pas consulté.

N’assumez pas, ne diagnostiquez pas et assurez-vous de vous entourer d’un bon réseau de professionnels de la santé avec qui vous pouvez collaborer. En tant qu’entraîneurs nous sommes des spécialistes du mouvement, pas des cliniciens.

Ceci étant dit, voici 3 causes de douleurs au bas du dos qui ne sont pas réellement reliés à la région lombaire comme tel :

1)Votre stratégie de gainage n’est pas optimale

Même en position debout sans charges, les segments de la région lombaire sont sujets à des forces de cisaillement antérieurs en raison de l’interaction entre la position de lordose, le poids corporel et la force de réaction au sol. En soulevée (au soulevé de terre par exemple), l’implication musculaire des érecteurs du rachis réduisent les forces de cisaillement antérieures.

Notez que l’unité fonctionnelle de la colonne vertébrale est la relation entre deux vertèbres adjacentes et leurs tissus mous (ligaments, muscles, fascia). Donc, une force de cisaillement légère est normale et nécessaire, mais un cisaillement excessif est à éviter.

Le gainage idéal implique la co-contraction entre les muscles abdominaux profonds, les dorsaux, le carré des lombes et les érecteurs du rachis, le tout apporte une stabilisation de 360 degrés. En effet, je ne vous ai sans doute rien appris de nouveau sur le renforcement.

Ce dont je veux vraiment vous parler est de votre stratégie de gainage. Mon ami et associé Simon Ferland-Chapdelaine utilise une excellente rétroaction lorsqu’il parle à ses clients. Il dit : ‘’ Restez en situation de travail’’. Cela veut dire que vous devez rester rigide même dans les portions de mouvements où il y a moins d’effort (ou du moins, moins d’effort ressenti versus les autres portions du mouvement).

Par exemple, vous avez sûrement des clients qui s’assoient dans les hanches à la fin d’un soulevé de terre en se penchant très loin vers l’arrière (ou pivote leur pelvis de façon antérieur à la fin du mouvement de développé debout avec la barre). Il s’agit d’une stratégie pour se ‘’reposer’’ à l’intérieur d’une série. Le problème est que les forces sont alors transférées directement dans le bas du dos.

Avoir une stratégie optimale de gainage ou « rester dans une situation de travail » (rigide), veut dire qu’à la fin du mouvement de soulevé de terre, vous poussez toujours contre le sol et vous tirez sur la barre (ou à la fin d’un développé debout, vous poussez toujours contre le sol et sur la barre vers le haut).

La vérité est qu’il n’y a pas d’opportunité pour prendre une pause jusqu’à ce que la série soit terminée et si vous devez prendre une pause à l’intérieur d’une série, peut-être devriez-vous revoir vos paramètres de chargement.

2)Votre mobilité et stabilité ne sont pas optimales

Le mouvement peut être défini comme  » l’habilité à produire et maintenir un équilibre adéquat entre la mobilité et la stabilité tout en intégrant les patrons moteurs fondamentaux de façon précise et efficace. » Vous savez que la mobilité et la stabilité sont liées de façon intrinsèque.

La région lombaire est une région complexe qui doit avoir plus de stabilité alors que la région thoracique ainsi que les hanches doivent avoir plus de mobilité. Si ce n’est pas le cas, la région lombaire sacrifiera de la stabilité pour compenser, ce qui peut mener au mouvement excessif et douloureux.

Si on regarde la chaine cinétique de mouvement, le manque de mobilité et/ou stabilité mène à une relation de longueur-tension sous-optimale entre les muscles antagonistes/groupes de muscles/mouvements articulaires et un contrôle moteur altéré dû à la facilitation/inhibition qui en résulte. Où on retrouve un manque de contraction du muscle au niveau approprié pour exécuter un patron moteur, on retrouve un autre muscle qui a tendance à être trop actif.

Retournons à notre soulevé de terre. Pour simplifier la chose, décrivons notre soulevé de terre comme une combinaison d’extension de la hanche en chaine fermée et d’extension du tronc en chaine ouverte. Ceci veut dire que votre tirage implique autant de pousser contre le sol afin d’amener vos hanches vers l’avant en extension et tirer vers le haut (et l’arrière) pour amener le tronc vers le haut en extension.

Si les ischios-jambiers et les fessiers (extenseurs de la hanche) ne sont pas sollicités, les érecteurs du rachis vont tenter de faire cette tâche considérable par eux-mêmes. Et qu’est-ce qui peut causer l’empêchement de l’implication des ischios-jambiers et des fessiers ? Les principes de facilitation/inhibition dû à des manques de mobilité/stabilité.

La mobilité et la stabilité sous-optimales me mènent vers ma prochaine cause de douleurs lombaires :

3)Vous avez une anticipation de la douleur.

Votre corps est très intelligent et tentera d’inhiber la production de force dans une position qui est inconfortable ou difficilement accessible, car il ne se sent pas en sécurité. Si vous manquez de mobilité/stabilité dans certaines positions, vous ne serez probablement pas très fort dans ces positions. Si vous forcez avec des compensations dans ces positions, vous avez probablement expérimenté des douleurs lombaires pour les raisons discutées plus haut.

Que faites-vous alors ? Vous prenez du repos pour quelques temps, traitez votre dos de façon locale et retournez ensuite aux mêmes activités avec les mêmes défaillances. Mais le corps se souvient.L’anticipation de la douleur à un effet immédiat sur les circuits nociceptifs (circuits de la douleur) et la réponse du système nerveux sensoriel est normalement une de douleur subjective.

Ce qui est encore pire, ceci à un effet boule de neige qui mène à l’évitement de certaines positions et une diminution encore plus importante la mobilité. Cela peut sembler minime au départ, mais ça aura un impact beaucoup plus important sur l’amplitude de mouvement à long terme. Un cercle vicieux débute alors…

Pour conclure :

Comme vous pouvez voir, les déficits posturaux, un contrôle moteur inefficace, une proprioception altérée, une perte de mobilité et une fonction restreinte sont tous des facteurs qui contribuent à la douleur et à la chronicisation de celle-ci. Les douleurs non-spécifiques à la région lombaire sont un excellent exemple de l’importance d’une approche axée sur la résolution de problèmes, ce qui implique autant une approche globale (fonctionnelle) que spécifique (mouvement).

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