La dépression: une affaire de guts

La dépression est une affliction moderne extrêmement répandue et malheureusement la médication n’est pas d’une efficacité incroyable pour permettre de guérir ce genre de condition.

Au niveau du cerveau, il se passe beaucoup de choses directement liées à la dépression. Notamment dans le lobe frontal abritant les diverses parties du cortex préfrontal. Ce cortex préfrontal est la partie la plus évoluée du cerveau et joue un rôle important dans la gestion des fonctions exécutives comme la planification, l’organisation, l’élaboration de stratégies, l’attention et la rétention d’information, et pour la gestion spatiotemporelle.

La mise à jour, la flexibilité mentale et l’inhibition sont aussi des fonctions grandement gérées par le cortex préfrontal et malheureusement les capacités exécutives du cerveau sont largement impactées dans la pathologie de la dépression ainsi que dans certaines conditions mentales comme le syndrome d’Asperger.

Bien entendu, les antidépresseurs, suppléments alimentaires, etc. peuvent tous avoir un pourcentage de bénéfices, mais il est important de comprendre d’où peut provenir le problème pour tenter de le régler et non d’y appliquer un sparadrap.

La dépression, comme la plupart des problèmes de santé, est multifactorielle et malheureusement, il ne suffit pas de prendre une petite pilule pour régler le problème. Dans les dernières années, un des points les plus étudiés est la santé intestinale et son rôle dans les troubles de santé mentale comme la dépression.

Bien entendu, ce n’est pas la seule cause, mais je crois que c’est la cause la plus mal comprise. Vous ne le savez peut-être pas, mais le cerveau et l’intestin sont en communication constante et il y a plus de signaux qui partent de l’intestin vers le cerveau que le contraire.

Le nerf vague, le dixième des douze nerfs crâniens, est celui qui fait le relai entre l’intestin et le cerveau et c’est par l’entremise de celui-ci que le cerveau peut moduler la motilité intestinale et la production d’acidité gastrique et d’enzymes, etc. Une fonction découverte plus récemment est que le nerf vague à la capacité de réduire drastiquement l’inflammation, mais est aussi grandement affectée par celle-ci.

Dans le cerveau, le nerf vague participe à la gestion de l’anxiété et de la dépression et il participe aussi à la gestion de la glycémie, de la pression artérielle et des battements cardiaques. Ce nerf est aussi relié avec le fameux cortex préfrontal impliqué dans la dépression et son rôle dans l’étiologie de la dépression est primordial.

Cette constante communication est une excellente chose, mais elle comporte aussi son lot d’inconvénients, car si ça va mal dans l’intestin ça va mal dans le cerveau et vice-versa.

L’intestin, ou plutôt son système nerveux est composé de 500 millions de neurones. Ce chiffre est astronomique surtout si l’on considère que le cerveau d’un chat en contient environ 763 millions. Ces neurones sont en communication constante avec les 39 trillions de bactéries qui habitent le microbiome intestinal, ça fait beaucoup de communication.

Ces bactéries stimulent les neurones afférents du nerf vague pour communiquer avec le cerveau et quand le signal ressemble plutôt à de la distorsion, les choses vont mal. Nous l’avons vu, le cerveau influence grandement le système nerveux entérique qui est pourtant assez autonome, mais il serait faux de penser que c’est lui le patron. Il est plus pertinent de penser que l’intestin et le cerveau se partage le travail de patron du corps humain.

Vous pensez encore que le cerveau est le patron ?

Souvenez-vous la dernière fois que vous avez eu une bactérie intestinale ou une intoxication alimentaire et vous allez comprendre où je veux en venir. Donc, les bactéries communiquent avec le cerveau, mais comment ça se passe dans une condition comme la dépression? La muqueuse intestinale contient environ 70% du tissu immunitaire et elle est en contact presque constant avec le monde extérieur par l’entremise dans la nourriture que nous ingérons.

Bien sûr, le mode de vie moderne et la nourriture a facilement raison de notre pauvre duo. La malbouffe, les pesticides, le stress, le manque de sommeil sont parmi les différents problèmes avec lequel ils doivent faire face. Tous ces facteurs affectent nos grands patrons et surtout les 39 trillions de bactéries de notre microbiome intestinal. Vous vous demandez surement comment le corps fait pour différencier les bactéries bénéfiques et celles qui sont pathogènes et bien voyons un peu comment le système immunitaire gère cette cacophonie.

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Le système immunitaire est composé de deux branches distinctes, l’immunité innée et l’immunité acquise. Les cellules du système immunitaire sont équipées de récepteurs que l’on appelle les PRR(pattern recognition receptor) qui désigne ces récepteurs cellulaires capables de reconnaitre des motifs moléculaires caractéristiques des pathogènes grâce au PAMP (Pathogen Associated Molecular Patterns) qui sont des motifs moléculaires caractéristiques des micro-organismes comme des composants des parois bactériennes (lipopolysaccharides, peptidoglycanes) à gram positif et négatif respectivement, et des flagelles (flagelline), des mannanes de champignons, des acides nucléiques bactériens et viraux.

Si vous vous souvenez la polémique de l’association du cœur américaine(AHA) qui parlait des dangers des gras saturés, y compris lui de coconut en ce qui a trait aux maladies cardiovasculaires. Cette polémique impliquait les lipopolysaccharides et leur impact sur le système immunitaire et l’inflammation. Il y a plusieurs types de PRR et il possède tous une affinité plus spécifique envers un type de PAMP. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet.

Comme vous le savez surement, la muqueuse intestinale est perméable, mais cette perméabilité est contrôlée par les jonctions serrées. La principale fonction d’une jonction serrée est d’assurer l’étanchéité des épithéliums comme celui qui sépare l’intérieur de l’extérieur de l’intestin. Fait intéressant à noter, la plupart des endothéliums sont dépourvus de jonctions serrées, car ils doivent normalement être facilement traversables.

Une exception majeure à cette règle existe pour les vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau, on parle ici de la barrière hématoencéphalique. Normalement, ces jonctions serrées fonctionnent assez bien et contrôlent assez adroitement le passage des macromolécules qui traverse l’épithélium intestinal, mais le phénomène de l’intestin perméable vient changer la note.

En effet, il existe plusieurs facteurs pouvant influencer la perméabilité de l’intestin et de ces jonctions serrées, comme une mauvaise digestion, une augmentation de glucocorticoïdes, la gliadine, la présence de plusieurs cytokines pro-inflammatoire comme IL-6, IL-1b, TNF-a et certains autres composés alimentaires comme les gras saturés.

Il est important de noter que les cytokines et les glucocorticoïdes peuvent être aussi déclenché par la stimulation du PRR par des molécules comme les lipopolysaccharides, par exemple, ce qui se rend ce problème une condition soutenue qui s’autosuffira tant que le problème ne sera pas réglé à la source.

Dans le cas de la dépression, nous avons à faire à ces fameuses cytokines et le commandant en chef de l’adaptation est le cortisol. Nous parlons ici d’agresseur de la muqueuse directement, mais le problème peut aussi venir du cortex et d’un manque de stimulation du nerf vague. Un manque de communication de la part du cerveau, comme c’est le cas dans une situation de stress psychologie ou d’un traumatisme cérébral, va causer une baisse de relâchement d’enzymes et d’acide gastrique et un ralentissement de la motilité intestinale.

Donc le problème de perméabilité et d’inflammation intestinale peut provenir directement de l’intestin principalement dû à la nourriture et/ou une mauvaise mastication et du cerveau dû à une communication inadéquate avec l’intestin. Il existe plusieurs manières pour les cytokines d’influencer le cerveau et l’une d’entre elles est de passer par le nerf vague.

Après avoir bien établi le concept de la connexion entre l’intestin et le cerveau, il faut maintenant comprendre comment celui-ci entre en ligne de compte dans une pathologie comme la dépression. Depuis plusieurs années maintenant, il a été démontré que beaucoup de composés naturels arrivaient à réduire les symptômes de dépression. Parmi ces composés nous avons l’omega-3 et la curcumine.

Ces deux composés ne sont pourtant pas des antidépresseurs proprement dits, mais bien des anti-inflammatoires. La hausse des glucocorticoïdes ou celle est cytokines proinflammatoires, suite à stresseurs ou une activation du PRR, viendra augmenter la voie de la kynurénine un chemin de dégradation du tryptophane qui sert aussi à produire du NAD (nicotinamide adénine dinucléotide), une coenzyme pouvant être fabriquée à partir de vitamine B3.

Malheureusement, ce métabolisme du tryptophane ne produit pas seulement du NAD, mais bien de l’acide quinolinique qui est un agoniste du récepteur NMDA (N-Méthyl-D-Aspartate) et ce récepteur NMDA fait partie de la famille des récepteurs glutamatergiques.

En plus d’augmenter la création d’une neurotoxine et excitotoxine comme l’acide quinolinique, l’activation de la voie de la kynurénine, l’infiltration et la production locale de cytokines pro inflammatoires réduit la quantité de tryptophane disponible pour produire de la sérotonine, qui est produite à 95% dans l’intestin par les cellules entérochromaffines, et viendra aussi nuire à la production de dopamine et augmente énormément la génération de dérivés actifs de l’oxygène (ROS) qui augmenteront grandement le stress oxydatif ce qui nuira à la production des autres neurotransmetteurs comme la dopamine et au bon fonctionnement général du cerveau.

Ce dérèglement peut même causer la mort des neurones. Donc la théorie du cerveau en feu est belle et bien réelle, mais l’étincelle qui allume le feu peut provenir de l’intestin et de ses habitants.

Il est très important de comprendre ce point ou plutôt cette théorie que l’on appelle la théorie des cytokines ou théorie inflammatoire de la dépression, car elle est la plus récente avancée scientifique dans ce domaine.

Le problème est multifactoriel, car il peut venir du mauvais fonctionnement du lobe frontal suite à un traumatisme ou un stress aigu ou soutenu. Il peut aussi venir d’une mauvaise mastication, une alimentation pauvre en nutriments, une alimentation riche en sucres et en graisses, un microbiome déséquilibré et un mode de vie inadéquat en général.

Cette théorie rend donc la guérison de cette condition beaucoup plus accessible que le modèle proposé d’un débalancement de neurotransmetteurs qui implique des substances pour corriger le problème. Bien entendu, certains besoins ont réellement besoin de certaines de ces substances, mais l’approche préventive et naturelle devrait toujours y être combinée pour augmenter les chances de guérison.

 

 

 

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